Carnet de corrida – Une première immersion dans l’univers du rejón
Le 9 août 2026 restera une date particulière dans mon parcours de photographe taurin.
Après Béziers puis les corridas de la Feria de Pentecôte à Nîmes, je découvrais pour la première fois une discipline que je n’avais encore jamais vécue au plus près : le rejón, la corrida à cheval.
Jusqu’alors, mon regard s’était construit autour du toreo à pied, des gestes des matadors, des déplacements du toro et de l’ambiance si particulière des arènes. Cette fois, un nouvel acteur entrait dans le cadre : le cheval.
Depuis le callejón, les sensations sont différentes. Les trajectoires sont plus rapides, les distances plus difficiles à apprécier et l’harmonie entre le cavalier, sa monture et le toro devient le centre de l’attention.
Pour un photographe, c’est un univers fascinant.
Hadrien Poujol et le retour de la corrida à Vauvert
Cette journée n’aurait pas eu la même saveur sans l’invitation d’Hadrien Poujol, à qui je dois ma présence dans le callejón des arènes Jean-Brunel.
Au-delà de cet accès privilégié, cette corrida marquait un moment important pour la ville de Vauvert. Après neuf années d’absence, les arènes retrouvaient une corrida formelle inscrite dans le programme de la fête votive. Ce retour était porté par la municipalité et par Hadrien Poujol, devenu l’un des acteurs de cette relance taurine.
L’affiche proposée pour cette renaissance témoignait immédiatement de cette ambition : Léa Vicens, Sébastien Castella et El Rafi réunis dans les arènes Jean-Brunel pour une corrida mixte associant rejón et corrida à pied. Une programmation digne des grandes arènes françaises et qui a attiré de nombreux aficionados.
Pour le photographe que je suis, cette invitation représentait bien davantage qu’une simple accréditation. Elle permettait de vivre de l’intérieur un moment important de la vie taurine locale : le retour de la corrida dans une ville profondément attachée à ses traditions camarguaises.





Léa Vicens : l’élégance du rejón
a première partie de la corrida était confiée à Léa Vicens.
Pour une première découverte du rejón, difficile d’imaginer meilleure ambassadrice.
Depuis plusieurs années, la cavalière nîmoise s’est imposée parmi les grandes figures mondiales de la corrida à cheval.
Depuis le callejón, on découvre une autre lecture de la tauromachie.
Le cheval devient un partenaire à part entière.
Chaque déplacement semble préparé avec précision.
Chaque approche du toro demande anticipation, confiance et maîtrise.
Photographiquement, le défi est passionnant. Il faut intégrer dans la même image le cavalier, le cheval et le toro, tout en conservant l’équilibre de la scène.



Une affiche de prestige pour le retour des toros à Vauvert
Le cartel réunissait trois personnalités majeures de la tauromachie française :
- Léa Vicens
- Sébastien Castella
- El Rafi
Pour le rejón, les organisateurs avaient retenu deux toros de la ganadería Fermín Bohórquez, référence historique de la corrida à cheval.
Pour la corrida à pied, quatre toros de Nuñez de Tarifa étaient annoncés, un élevage encore peu vu en France et particulièrement attendu des aficionados.
Sébastien Castella, le maestro français
Pour le retour de la corrida à Vauvert, la présence de Sébastien Castella donnait une dimension particulière à l’événement.
Après plus de vingt-cinq années au plus haut niveau, le Biterrois demeure l’une des grandes références du toreo mondial. Quelques semaines auparavant, il avait encore marqué les esprits à Madrid puis à Nîmes, confirmant une longévité exceptionnelle au plus haut niveau.
Depuis le callejón, on comprend mieux ce qui caractérise son toreo. Tout semble simple. Les déplacements sont réduits à l’essentiel, les gestes sont économes et chaque mouvement paraît parfaitement maîtrisé.
Au fil de l’après-midi, Castella a une nouvelle fois démontré cette capacité à construire ses faenas avec calme et autorité. Sa prestation lui a permis de couper trois oreilles et de confirmer son statut de figure majeure de la tauromachie contemporaine.
Pour le photographe, ces moments sont particulièrement intéressants. Au-delà de l’action, il y a les regards, la concentration et cette relation unique qui s’installe progressivement entre l’homme et le toro.




El Rafi, la fougue d’une nouvelle génération
Face à lui, El Rafi incarnait une autre énergie.
Plus jeune, plus explosif dans son expression, il représente cette génération de toreros français qui s’impose progressivement sur les grandes affiches.
La corrida de Vauvert lui a offert l’occasion de démontrer son engagement et sa détermination. Au cours de l’après-midi, un moment particulièrement spectaculaire l’a vu être soulevé par le toro, rappelant la part de risque inhérente à toute corrida.
Quelques instants peuvent suffire à rappeler que derrière l’esthétique du toreo se trouvent toujours le courage, la maîtrise et l’acceptation du danger.
Loin de se laisser impressionner, El Rafi a poursuivi son combat avec une grande détermination. Sa prestation convaincante a été récompensée par trois oreilles et une sortie triomphale par la Grande Porte des arènes Jean-Brunel.
Depuis le callejón, ces instants de communion entre le torero et le public offrent souvent certaines des images les plus fortes de la journée. Les émotions deviennent visibles, les visages se détendent et la tension accumulée tout au long de la corrida laisse place à la joie du triomphe.










Mon regard de photographe
Cette corrida de Vauvert marque une étape importante dans mon exploration photographique du monde taurin.
J’y ai découvert un univers que je connaissais encore peu.
Une autre manière d’aborder le toro.
Une autre manière de construire les images.
Une autre manière de vivre le callejón.
Cette première immersion dans le rejón m’a rappelé que la photographie taurine est avant tout une histoire de rencontres, de découvertes et de transmission.
C’est aussi ce qui rend chaque corrida unique.
Galerie photographique
Photographies réalisées lors de la corrida mixte du 9 août 2026 dans les arènes Jean-Brunel de Vauvert.
Avec Léa Vicens, Sébastien Castella et El Rafi.
Toros de Fermín Bohórquez pour le rejón et de Nuñez de Tarifa pour la corrida à pied.
