Nîmes – 24 mai 2026 : dans le callejón des arènes romaines pour une corrida française face aux toros de Robert Margé


Carnet de corrida – Quand la photographie entre au plus près du ruedo

Après une première immersion dans le callejón des arènes de Béziers le 14 août 2025, la Feria de Pentecôte de Nîmes 2026 représente une nouvelle étape importante dans mon parcours de photographe taurin.

Quelques mois auparavant, j’avais découvert cet espace particulier, situé entre le ruedo et les barrières, où se vit la corrida d’une manière totalement différente.

Le callejón n’est pas simplement un emplacement privilégié pour réaliser des images.

C’est un lieu où l’on ressent la corrida.

On y perçoit les échanges rapides entre les membres des cuadrillas, la concentration des toreros avant leur entrée en piste, les regards des professionnels qui analysent chaque charge du toro et cette tension particulière qui accompagne chaque sortie du toril.

Pour cette corrida du dimanche 24 mai 2026 à 11 heures dans les arènes de Nîmes, j’ai eu la chance d’être accueilli une nouvelle fois au plus près de l’action.

Cette fois, cette présence dans le callejón m’a été rendue possible grâce à Jean-François Bénézet, figure essentielle de l’organisation médicale des arènes de Nîmes.

Jean-François Bénézet, l’homme discret au service des toreros

Dans une corrida, certains acteurs restent dans l’ombre mais jouent un rôle essentiel.

Jean-François Bénézet fait partie de ces hommes.

Médecin urgentiste et responsable de l’infirmerie des arènes de Nîmes, il accompagne depuis de nombreuses années, avec son équipe de médecins et infirmiers, la vie taurine nîmoise. Sa mission est rarement visible du public, sauf lorsque survient l’accident, mais elle est fondamentale : assurer la prise en charge immédiate des toreros et des hommes de piste lorsque le danger devient réalité.

Dans le monde taurin, l’infirmerie fait partie intégrante de l’arène.

Elle rappelle que derrière la beauté du geste, la maîtrise technique et l’esthétique du toreo existe toujours une part de risque.

Les toros de Robert Margé, ambassadeurs de l’élevage français

Cette corrida revêtait pour moi une dimension particulière puisque les six toros affrontés ce matin-là provenaient de la ganadería de Robert Margé, éleveur que j’avais eu la chance de rencontrer quelques mois plus tôt lors de la feria de Béziers.

Installée au Domaine des Monteilles, près de Fleury-d’Aude, la ganadería Robert Margé est aujourd’hui l’une des références majeures de l’élevage français de toros de combat. Créée en 1993 et construite autour de lignées Domecq soigneusement sélectionnées, elle s’est progressivement imposée dans les plus grandes arènes françaises et espagnoles.

La corrida du 24 mai 2026 à Nîmes constituait un symbole fort : six toreros français face à six toros français. Une affiche rare qui mettait en lumière à la fois le niveau actuel du toreo français et la qualité du travail réalisé depuis plus de trente ans par Robert et Olivier Margé.

Ce matin-là, le lot présenté par la ganadería a confirmé sa réputation. Plusieurs toros se sont distingués par leur bravoure et leur qualité, au point que deux d’entre eux, « Titus » et « Antonin », ont obtenu une vuelta posthume, distinction réservée aux animaux ayant marqué la corrida par leurs qualités exceptionnelles.

Depuis le callejón, photographier ces toros permet de mesurer toute la puissance et la noblesse de cet animal élevé pendant plusieurs années dans les vastes espaces du domaine. Derrière chaque sortie du toril se trouvent des décennies de sélection, d’observation et de passion, un travail souvent méconnu du grand public mais essentiel à l’existence même de la tauromachie.

Une affiche exceptionnelle pour la tauromachie française

Cette corrida de la Feria de Pentecôte réunissait six matadors français face aux toros de la ganadería Robert Margé :

  • Marc Serrano
  • Adriano
  • Tibo Garcia
  • El Rafi
  • Maxime Solera
  • Solal

Une affiche rare dans une grande plaza comme Nîmes, témoignant de la place prise par les toreros français dans le paysage taurin contemporain.

Depuis le callejón, il est fascinant d’observer la diversité de leurs personnalités et de leurs approches. Chaque torero possède son propre rythme, sa propre manière d’occuper l’espace et de dialoguer avec le toro.

Pour le photographe, cette diversité est une richesse permanente.

Mon regard de photographe dans le callejón

Lorsque l’on photographie depuis les gradins, l’image raconte principalement l’action.

Depuis le callejón, elle raconte également ce qui se passe autour.

Un regard avant le paseo.

Une discussion rapide entre membres d’une cuadrilla.

Un moment de concentration derrière la barrière.

Un geste discret du personnel de piste.

Une réaction après une série de passes particulièrement réussies.

Ces instants durent souvent moins d’une seconde mais participent pleinement à l’histoire de la corrida.

C’est cette dimension humaine qui m’intéresse particulièrement dans la photographie taurine.

Au-delà du spectacle visible par tous, le callejón offre un accès privilégié à un univers de femmes et d’hommes engagés dans une tradition où se mêlent passion, exigence et transmission.

Photographies réalisées lors de la corrida du 24 mai 2026 à 11 heures dans les arènes de Nîmes, dans le cadre de la Feria de Pentecôte 2026.

Toros de Robert Margé

Avec Tibo Garcia, Maxime Solera, Marc Serrano, Adriano, El Rafi, Solal.