Carnet de corrida – La lumière de l’après-midi et les grands noms de la tauromachie
Quelques heures après la corrida matinale, les arènes de Nîmes changent d’atmosphère.
Le soleil descend progressivement. Les pierres romaines prennent une lumière différente. Le ruedo devient un théâtre d’ombres et de contrastes.
La corrida de 18 heures du dimanche 24 mai 2026 proposait l’une des grandes affiches de la Feria de Pentecôte : Sebastián Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo face aux toros de Santiago Domecq.
Après Béziers en août 2025 puis la corrida du matin à Nîmes, je retrouvais une nouvelle fois le callejón grâce à Robert Margé.
Cette confiance renouvelée a une importance particulière.
Dans le monde taurin, l’accès au callejón ne se résume pas à une place.
C’est une responsabilité.
C’est être accepté dans un espace où l’on doit connaître les codes, respecter les acteurs et comprendre que la photographie doit rester au service du moment.
Une grande affiche de la tauromachie contemporaine
Réunir Sebastián Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo sur une même affiche constitue un événement majeur pour les aficionados.
Trois personnalités différentes, trois manières de concevoir le toreo, mais une même exigence face aux toros de Santiago Domecq.
Depuis le callejón, cette diversité devient particulièrement visible. Chaque torero possède son rythme, sa gestuelle et sa façon d’habiter l’arène.
Pour le photographe, chaque lidia raconte une histoire différente.
Sebastián Castella : une relation particulière avec Nîmes
Sebastián Castella entretient depuis de nombreuses années une relation privilégiée avec les arènes françaises.
Né à Béziers, il est devenu l’une des grandes figures du toreo contemporain.
Son style repose sur la sérénité, la verticalité et une remarquable maîtrise des tempos.
Pour un photographe, Castella offre souvent des images où la posture devient essentielle.
Un déplacement minimal.
Un regard concentré.
Une immobilité apparente qui précède l’explosion du geste.
Daniel Luque : la précision et la technique
Daniel Luque appartient à cette catégorie de toreros dont la technique impressionne autant que l’esthétique.
Son toreo demande une grande attention photographique.
Il faut saisir le moment exact où la distance entre l’homme et le toro devient harmonie.
Ses placements, ses attitudes et sa manière de conduire la charge racontent une longue expérience du ruedo.
Emilio de Justo : l’émotion et l’engagement
Emilio de Justo représente une tauromachie où l’engagement et l’émotion occupent une place essentielle.
Son parcours, marqué par la persévérance et le retour au plus haut niveau, donne une profondeur particulière à son toreo.
Pour le photographe, ces profils sont passionnants car ils racontent une histoire humaine autant qu’une histoire taurine.
Les toros de Santiago Domecq
La ganadería de Santiago Domecq occupe aujourd’hui une place importante dans la tauromachie contemporaine.
Le toro demeure au centre de la corrida.
Sans lui, pas de rencontre.
Pas de risque.
Pas d’émotion.
Photographier un toro demande de comprendre son comportement, d’anticiper ses mouvements et de saisir sa personnalité.
Chaque charge raconte quelque chose.
Chaque attitude révèle son caractère.







Le callejón : entre proximité et respect
Depuis cet espace particulier qu’est le callejón, la perception de la corrida est différente.
On entend davantage.
On observe davantage.
Mais cette proximité impose aussi une discipline.
Le photographe doit savoir disparaître.
Ne jamais perturber.
Respecter les moments importants.
Être présent sans devenir acteur.
C’est cette recherche d’équilibre qui guide mon travail photographique.
Construire une mémoire de la tauromachie
Cette journée du 24 mai 2026 restera une étape importante de mon parcours photographique.
Deux corridas dans la même journée.
Deux ambiances.
Deux écritures photographiques.
Le matin, une corrida française face aux toros de Robert Margé.
L’après-midi, une affiche internationale réunissant trois grandes figures du toreo.
Mais derrière ces deux spectacles, une même volonté :
conserver une trace sensible de ceux qui font vivre la tauromachie.
Les toreros.
Les cuadrillas.
Les éleveurs.
Les hommes de l’ombre.
Tous ceux qui participent à cette culture singulière.
Photographies réalisées lors de la corrida du 24 mai 2026 à 18 heures dans les arènes de Nîmes, dans le cadre de la Feria de Pentecôte 2026.
Toros de Santiago Domecq.
Avec Sebastián Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo.
